28 mars : Jasse Bralard d’Ouest en Est
À 10h, après un enchaînement de train, car et un œuf en guise de petit déjeuner, nous chaussons les skis au sommet de la Croix de Chamrousse, prêts à débuter notre traversée du Sud de Belledonne, en espérant atteindre le Fond de France 4 jours plus tard.

Première descente vers les lacs Roberts puis remontée vers l’Echaillon et la pente Sud Ouest de la pointe Ouest de Jasse Bralard qui nous offre son ballet de conversions. Arrivés au sommet de la pente, nous basculons vers la facette Nord-Ouest, que l’on grimpe à ski, puis à pied dans une neige froide sans consistance jusqu’au sommet.


La descente de la face Nord Ouest commence en bonne poudre avant de nous offrir un fond de boulettes. Arrêt au nuage pour remonter de la combe vers le Nord-Est.

Au bout de celle-ci, la pointe Est et sa belle pente en neige encore froide nous fait de l’œil. L’épaule est rapidement atteinte à ski puis on termine par une petite arête à pieds.



Pause casse-croûte à l’épaule tout en observant tranquillement la couche de nuages remonter vers nous. Quand les planches sont rechaussées nous sommes dans le nuage. La prometteuse descente poudreuse s’est transformée en dérapage sur la trace de montée dans une neige qui s’est humidifiée en quelques minutes.

Arrivés sur le replat sous le col de la Grande Vaudaine, nous recollons les peaux pour une dernière montée vers l’épaule de la Grande Lauzière tandis que les nuages se déchirent. Au replat vers 2500m, on dépeaute en vitesse pour tenter de descendre avant de se faire avaler par la mer de nuages.

Trop tard, après 20m et 3 virages en flirtant avec le nuage, celui-ci nous engloutit et nous offre une descente en jour blanc 5 étoiles. Guidés par Iphigénie notre Sainte Protectrice, nous arrivons tant bien que mal au Lac Claret, non sans avoir tenté d’enjamber une falaise au passage. Du Lac, le refuge est facilement atteint. Bière, soupe et lasagnes sont englouties, accompagnées de discussions sur les scénarios pour le lendemain, qui s’annonce mouvementé.

29 mars : mission exfiltration
Comme prévu, le mauvais temps est bien installé : vent, neige et surtout, visibilité nulle. Exit la traversée vers la cabane sauvage, nous activons le plan B : retour à Chamrousse. Conseillés par le gardien, on se décide pour l’itinéraire « du bas » qui suit plus ou moins le GR. On garde les peaux jusqu’à l’extrémité du Lac Longet avant de plonger sur le lac Léama puis le replat 1742m dans une ambiance fantomatique.

Les peaux sont remises avant de rapidement rebrousser chemin faute d’avoir prévu un parachute. On retrouve finalement le GR que l’on suit prudemment skis sur le dos et crampons aux pieds pour un court passage entre les barres.

Après quelques errements, on finit par atteindre le Clôt des Vernes puis les Lacs Roberts et ses plongeurs sous la glace.

Remontée jusqu’à La Croix en longeant les piquets rouges du bord de la piste. Accueillis au sommet par un vent glacial, dépeautage en vitesse en s’abritant au mieux derrière la cabane des pisteurs avant de descendre par la première piste trouvée (merci les piquets) jusqu’au Recoin où le chaleur d’un car nous conduit jusqu’à Grenoble où nous attend notre cabane de secours et son orgie de purée au fromage.
30 mars : la pas traversée continue
Après avoir troqué une skieuse contre une surfeuse, nous prenons la direction du Rivier d’Allemond en voiture. Après environ 45min de portage, on chausse les skis dans le combe de Roche Noire. En vue du col, l’imposant corniche qui défend la dernière pente nous incite à bifurquer à droite.


Là, vers 2450m, un passage secret nous permet de rejoindre la combe Est du col de La Pierre.

Quelques conversions plus tard nous arrivons au Sommet Colomb, duquel un court couloir puis une large pente en poudre 5* nous déposent sous la Brèche de Roche Fendue.


Une fois la Brèche franchie, une rapide descente en poudre tassée et neige revenue nous laisse à l’entrée du ruisseau de la Grande Montagne.

La Pointe du Sciallet nous tend les bras, on décide donc d’y monter pour digérer le pique-nique. Une nouvelle descente encore excellente jusqu’au Clôt des Bans puis une dernière montée jusqu’au Dôme de la Coche permettent à la surfeuse du groupe de fêter ses premiers « 2000 ». On attaque enfin la descente de la combe Nord en évitant les Tétras dans une neige rendue collante par le plafond nuageux très bas pour atteindre le Habert d’Aiguebelle et sa terrasse ensoleillée. Le vent fort prévu nous aura laissé une journée de répit.

31 mars : Etoile et Vache
Au réveil, les gardiens nous accueillent avec une séance d’observation de tétras Lyre en parade sous le Pas du Pin. Après des tartines trop rapidement avalées pour certains, les couteaux sont sorties pour attaquer la montée du col de l’Aiglefin. Du col on observe la neige voler sur les crêtes et le sommet de la Belle Etoile. Le doute commence à s’installer mais on ne se laisse pas impressionner par un courant d’air.
Une courte descente sur une neige encore dure avant de chausser les couteaux pour suivre les Z qui nous mènent au Grand Clôt puis au pied du couloir Sud. On chausse les crampons pour remonter le couloir et la courte arrête finale où le ventilateur tourne à fond.


Du sommet, après un selfie en coup de vent face aux Aiguilles d’Arves, on se laisse glisser jusqu’à la Bergerie du Cos et son lac dans un magnifique versant sauvage qui nous offre une neige encore excellente.


Dernière montée de la ballade jusqu’au col de La Vache.

Ici aussi le ventilateur tourne à fond. Du col, une traversée nous dépose dans une magnifique combe-canyon recouverte d’une douce moquette.

On retrouve le ruisseau des Combes puis après la traversée de plusieurs dépôts d’avalanches, le GR où les skis sont mis sur le dos pour une randonnée forestière jusqu’au village.

Pour une vraie traversée il faudra donc repasser (rendez-vous en 2026 ?), mais ce plan B improvisé nous en a donné un aperçu prometteur.

Avec Thomas, Candice (à mi-temps), Dorine (à mi-temps) et Pedro.
Carte : TOP25 + pentes Iphigénie.
